La Chambre à voté hier plusieurs mesures fiscales qui vont impacter votre déclaration d'impôts de l'année prochaine. Moins de déductions, des avantages supprimés ou gelés... Bref, pour beaucoup d'entre vous, la facture risque d'être plus salée. On fait le point avec Michel Maus, professeur de droit fiscal à la VUB, qui nous explique ce qui vous attend et comment vous pouvez encore limiter les dégâts.
Ce qui change dès maintenant
Ces ajustements étaient déjà prévus dans l'accord de gouvernement Arizona. Mais la grande question était : est-ce que ça s'applique dès 2025 ? Eh bien oui, c'est voté ce jeudi et ça entre en vigueur immédiatement.
"Beaucoup de contribuables vont le sentir passer quand ils feront leur déclaration pour les revenus de 2025", nous confirme Michel Maus.
Le bonus logement : mauvaise nouvelle
Depuis l'an dernier, vous ne pouviez déjà plus bénéficier de réductions d'impôt pour le capital et les primes de prêts liés à une seconde résidence ou un bien locatif. Maintenant, c'est la déduction des intérêts qui saute aussi. Et attention : ça concerne même les crédits déjà en cours !
Bonne nouvelle quand même : si vous avez acheté votre habitation principale avant 2020, vos avantages fiscaux sont généralement préservés.
Pour ceux qui ont contracté un prêt fin 2023 pour un bien locatif ou une seconde résidence, vous allez être imposé sur l'intégralité du revenu cadastral. Ça peut représenter une perte jusqu'à 1.000 euros par personne.
Pensions alimentaires : déduction réduite
Si vous versez une pension alimentaire, vous ne pourrez plus déduire que 70 % du montant cette année (contre 80 % l'an dernier). Et ça va continuer à baisser : 60 % en 2026, puis 50 % à partir de 2027.
Réductions d'impôt : plusieurs avantages disparaissent
Pas mal d'avantages fiscaux sont supprimés :
- Le forfait pour les longs trajets domicile-travail
- La réduction pour l'achat d'un véhicule électrique (pour les contrats après le 31 août 2025)
- La réduction pour l'emploi de personnel domestique
- Les frais de procédure d'adoption
- Les primes d'assurance protection juridique
La bonne nouvelle ? La réduction pour les dons est maintenue. La moins bonne ? Elle passe de 45 % à 30 %.
Exonérations fiscales gelées
Normalement, les plafonds d'exonération sont indexés chaque année. Mais jusqu'en 2029, ils restent bloqués. Résultat : une part plus importante de vos revenus devient imposable.
Sont concernés :
- Les intérêts des livrets d'épargne (1.020 euros)
- Les dividendes d'actions (833 euros)
- Les intérêts de crowdfunding
- L'épargne à long terme (2.450 euros)
- Les actions de votre employeur
- Et nouveauté : le plafond des dons déductibles (408.130 euros)
Comment limiter les dégâts avant le 1er janvier ?
Selon Michel Maus, il y a quelques opportunités à saisir d'ici la fin de l'année :
Pour les flexi-jobbers non-retraités : Bonne nouvelle ! Le plafond de rémunération passe de 12.000 à 18.000 euros par an. Vous pouvez donc encore gagner jusqu'à 6.000 euros de plus d'ici fin décembre.
Pour les étudiants jobistes : Vous aussi, vous pouvez bosser plus. Votre plafond passe de 5.265 à 12.000 euros, et vous restez à charge de vos parents fiscalement.
Attention aux titres-services : Si vous pensiez en acheter pour profiter d'un avantage fiscal, c'est raté. L'exonération a disparu depuis le 1er janvier 2025. Seule exception : si vous habitez Bruxelles, vous avez encore droit à une déduction de 15 % sur les 172 premiers titres.
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